[EDIT] La place des personnages féminins dans mes romans

Demain 8 mars, c’est la Journée Internationale des Droits des Femmes. Une occasion toute trouvée pour aborder la question de la place personnages féminins de mes romans. Comment est-ce que je construis mes personnages féminins ? A quel moment je décide de leur place dans le récit ? D’ailleurs, quelle place ai-je l’habitude de leur donner ? Je vous parle de tout ça dans ce nouveau billet.

Je voudrais d’abord préciser que je n’aborde pas le sujet de la place des personnages féminins avec militantisme. Mes romans ne sont pas là pour parler de la places des femmes de manière générale, ni de féminisme en particulier. Je laisse ce sujet à d’autres.

Je suis simplement une autrice qui écrit des histoires. Des romans de fiction, pour amener le lecteur à s’évader. Mais aussi à réfléchir et se questionner. Comme quoi, même quand on ne milite pas, on a quand même des choses à dire !

La place des personnages féminins dans les romans d'Amélie Haurhay
Image par Flash Alexander de Pixabay

Mais revenons à notre sujet.

Des personnages féminins riches de leur force et de leurs actions

Mes personnages féminins sont comme leur autrice : elles non plus ne sont pas des militantes. Elles mènent leur chemin presque sans se soucier de savoir si elles ont le droit ou non de faire ce qu’elles font. Les seules questions qu’elles se posent concernent leurs envies ou besoins. Jamais leurs capacités ou droits à agir ou avancer.

Si elles se sentent empêchées dans leurs actions, ce n’est jamais à cause de leur condition de personnages féminins. Simplement parce qu’un évènement de l’histoire, d’autres personnages ou une situation viennent créer des obstacles. Obstacles qu’elles tenteront de surmonter. En général, les personnages féminins de tous mes romans surmontent toutes leurs épreuves.

C’est un de leurs nombreux points communs : leur force. Même si elles ne la maîtrisent pas toutes avec la même rapidité.

Azur, l’héroïne du Mystère des Ghénas

Azur, l’héroïne du Mystère des Ghénas, allie curiosité et optimisme à toute épreuve. Sa force s’exprime par l’énergie qu’elle met à rester elle-même au milieu d’un peuple qui s’est enfermé dans un schéma où curiosité et envie d’explorer ont disparu.

Garance, celle qui réveille l’activisme du héros de 6H66

Garance, le principal personnage féminin de 6H66, fait partie d’un groupe d’activiste. C’est une combattante, une fille qui va agir. Elle ne mâche pas ses mots, notamment envers le héros Thomas. Elle le place devant un choix d’engagement qu’il n’est au départ pas prêt à faire. Garance intervient en quelque sorte comme le modèle qui saura faire tomber les peurs de Thomas.

A mesure que j’ai avancé dans l’écriture, la place des personnages féminins s’est accentuée dans mes romans. Mes troisième et quatrième romans comportent plus de personnages féminins que les deux premiers.

Un troisième roman centré sur la relation entre deux femmes à la force discrète

Julia et Mrs Carpenter, les deux héroïnes de mon troisième roman, affichent une force plus discrète, mais tout aussi puissante. Elles partagent toutes les deux les mêmes blessures ce la vie : le deuil suite à la perte d’êtres chers, le déracinement, la peur de faire confiance, la peur de se faire confiance… Elles ont bien entendu croisé différentes personnes qui les ont aidées à surmonter ces blessures. Mais c’est leur rencontre qui sera le véritable déclencheur d’une nouvelle direction de vie. Chacune apportera à l’autre la force et l’énergie de mener à bien autre chose. Un projet différent de ce que chacune a vécu jusqu’ici, et qui vient les aider à réparer leurs blessures antérieures…

Trois jeunes femmes remarquables dans Le Dernier refuge – Exploration


Dans le Dernier Refuge – Exploration, trois personnages féminins se distinguent parmi toute la communauté des résidents du Dôme.

Au premier plan, mes deux héroïnes, les jumelles Athéna et Aphrodite. Elles sont identiques mais leur force s’exprime de façon opposée. Athéna dégage une force brut, elle fonce sans se poser de question, du moment que les consignes sont respectées. Ce qui la motive par dessus tout, c’est d’accomplir sa mission, et de protéger sa sœur. Aphrodite fonctionne différemment, en développant une ouverture envers les autres qui l’amènera à se rapprocher des héros Ethan et Jayce.

Parmi la galerie des personnages secondaires, figure un troisième personnage féminin important : Matilda. Matilda est l’une des trois amis proches des jumeaux Ethan et Jayce. Sa force tient à son empathie qui fait d’elle un soutien de poids pour tous ses amis. Elle-même tire sa propre force d’un amour qu’elle garde secret et qui la pousse à agir, en espérant être un jour remarquée…

Comme vous le voyez, c’est plus par leurs actions que mes personnages féminins prennent leur place. Pas en parlant ou théorisant, mais en avançant.

J’aurais même tendance à dire que les quelques paroles à visée militante qui peuvent exister dans mes romans se trouvent dans la bouche de… mes héros masculins 😉

Après tout, pourquoi ne pas donner aux personnages masculins le rôle de porte-étendard de la place des personnages féminins ?

Comment je construis la place des personnages féminins

Quand je commence la construction d’une histoire, les seules idées arrêtées concernent mes intentions d’autrice. Qu’est-ce que je veux dire dans ce roman ? Quel fil va guider cette histoire ?

Je n’ai jamais d’idée arrêtée à l’avance concernant les personnages. Je ne décide pas arbitrairement que ce roman aura un personnage principal féminin ou masculin. C’est le besoin de l’histoire, son contexte, voire les petits détails qui participeront cette histoire qui m’aideront à décider si mon personnage principal sera fille ou garçon.

Je vous donne un exemple. Dans le prologue de mon roman 6H66, l’un des amis du personnage principal lui reproche son attentisme. J’avais envie et surtout besoin de caser l’expression « tu ne crois que ce que tu vois ». De là découlait naturellement le prénom de ce personnage : Thomas. Il devait donc obligatoirement s’agir d’un homme.

Derrière cette apparente neutralité dans mes choix se cache une certitude. Celle de tout faire pour ne pas tomber dans les clichés auxquels pensent certains quand ils évoquent une figure féminine ou une figure masculine. Les forces et les faiblesses de mes personnages ne relèvent pas d’un quelconque cliché de genre, mais uniquement de leur caractère. Ces forces et ces faiblesses sont décidées bien avant que je ne choisisse si ce personnage est une femme ou un homme.

Partant de ce constat, comment vais-je donc décider de la place des personnages féminins dans mes différents romans ?

La place des personnages féminins : en équilibre avec celle des personnages masculins

La place des personnages féminins dans mes romans n’est pas une question que je me pose pendant l’écriture.

Je me concentre d’abord sur les valeurs que chaque personnage porte en lui. Je décide ensuite si j’en fais une fille ou un garçon.

J’essaye toujours d’équilibrer le nombre de personnages féminins avec le nombre de personnages masculins. Au moins dans la galerie de personnages principaux et secondaires. Il n’y a que dans 6H66 que cet équilibre n’est pas vraiment respecté. Sans doute parce que j’ai donné à mon héros plus d’amis garçons que filles. Mais Les deux principaux personnages féminins, Garance et Alice, valent à elles seules une quantité de personnages différents 😉

Par contre, une chose est certaine : je ne me vois pas écrire une histoire où les femmes n’apparaîtraient que de façon épisodique ou caricaturale.

A contrario, je ne me vois pas non plus faire disparaître totalement les personnages masculins d’une histoire. Même si mon troisième roman, Julia et Mrs Carpenter, se focalise sur deux personnages féminins qui prennent quasiment toute la place, il y a autant de personnages féminins que masculins qui évoluent autour de ces deux femmes. Et ces personnages secondaires ont tous autant l’occasion de venir tantôt secouer tantôt soutenir Julia ou Mrs Carpenter.

Je ne me vois pas non plus écrire une histoire où j’opposerais frontalement personnages féminins et personnages masculins. Pourquoi ? Car je n’aime pas les confrontations théoriques ou les oppositions de posture. On peut ne pas être d’accord, on peut débattre, mais pourquoi se combattre ? Alors qu’on peut toujours essayer de faire avancer les choses. J’aime que mes personnages se comportent de la même manière.

Cet équilibre entre la place des personnages féminins et celle des personnages masculins me semble essentiel. D’abord, pour que l’histoire puisse parler à tous les lecteurs. Ensuite, pour permettre une grande variété de caractères, de comportements et d’actions. Une grande variété de point de vue, également. Ça génère au sein de l’histoire des échanges qui viennent enrichir chaque personnage.

Tout comme dans la vie, les échanges avec des personnes de caractères et d’horizons différentes nous enrichissent 😉


J’espère que ce billet sur la place des personnages féminins dans mes romans vous a plu 🙂 C’est le genre de questionnement que je peux explorer dans ma newsletter. Chaque mois, je vous fais partager mon univers d’autrice et la vision du monde que je place dans mes romans. Ca vous intéresse ? Inscrivez-vous pour recevoir mes prochaines lettres.

1 réflexion sur “[EDIT] La place des personnages féminins dans mes romans”

  1. Mathilde Favrat

    Merci pour ce bel article sur le sujet, très proche de ce que je ressens en tant qu’individu : chacun doit être considéré au-delà de ce qu’il est en terme de genre, comme quelqu’un au caractère et à l’histoire propres.
    Comme tes héroïnes, je ne me suis jamais sentie empêchée d’agir parce que j’étais une femme, je ne sais pas si c’est parce que j’ai grandi dans un milieu propice à ce sentiment parce que nous avons eu le choix d’assumer des côtés féminins et masculins sans problème, sans diktats non plus. Ou que j’ai choisi une voie professionnelle où l’égalité homme femme est une évidence… Cela doit tellement être différent selon le contexte.
    J’aurais ajouté le personnage de la mère des jumeaux, et par ricochet, du père qu’elle a choisi pour ses enfants : par son éducation, la bienveillance, les valeurs transmises, elle fait de Jayce et Ethan des défenseurs naturels des droits de tous. Ceux d’en bas, ceux qui souffrent, hommes ou femmes .
    Bref, merci pour cet article 😉

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