Les corrections de Roman 4 se terminent, et j’ai retravaillé certains éléments de décor. Ce roman post-apocalyptique se situe dans les montagnes du Jura. C’est le deuxième roman imaginaire dont je place l’action en France. L’occasion pour moi d’aborder avec vous cette question : pourquoi avoir situé mes romans imaginaires en France ?
Placer mes romans imaginaires en France, un choix né de mes propres lectures
J’ai lu pas mal de dystopie ces dernières années. Beaucoup dans la catégorie young adult : par exemple, Hunger Games ou Divergente pour ne citer qu’elles.
Beaucoup se situent dans des Etats imaginaires, construits sur les ruines de nos Etats actuels après des guerres effroyables. Mais sans que l’on puisse reconnaître ces anciens Etats, ni dans les décors, ni dans les structures.
Dans un roman dystopique qui se passe dans un univers totalement imaginaire, je trouve qu’il est un peu plus difficile de faire un vrai lien avec notre réalité du moment. Non pas que ce soit impossible. Mais on pourrait être tenté de refermer la dernière page du livre, en se disant qu’heureusement, il s’agit de fiction. Je me fais parfois moi-même cette remarque. Mais j’aime aussi que ma lecture me permette de poursuivre la réflexion avec ce que j’ai sous les yeux. En l’occurrence, notre réalité, et non plus la fiction.
Mais je n’ai pas attendu d’être adulte pour lire des dystopies. J’en ai lu plusieurs étant adolescente. Certaines découvertes en cours de français :
- Les Chroniques martiennes de Ray Bradbury.
- 1984, de George Orwell.
En parallèle, j’ai aussi découvert les romans d’anticipation et de science-fiction de René Barjavel : Ravage, La Nuit des Temps, Le grand secret (Ravage fait d’ailleurs partie de mon top 10 des romans imaginaires !).
Les siens comme 1984 se déroulent dans des pays réels : une nouvelle Grande-Bretagne pour 1984, la France et le monde pour les romans de Barjavel. Et pour moi, ça n’était pas choquant. Au contraire.
Ça rendait ces histoires beaucoup plus réalistes.
Donc, beaucoup plus inquiétantes.
Elles créaient ainsi une réflexion plus intense pendant et après la lecture.
Une posture que j’aime produire dans mes romans.
Mon choix d’autrice
Avant de vous parler de mes romans imaginaires en France, il faut que je vous parle de la seule exception qui existe pour l’instant parmi mes romans imaginaires publiés.
Le Mystère des Ghénas, la seule exception
Le Mystère des Ghénas, mon premier roman et le premier de mes romans imaginaires, fait exception à ce choix. L’histoire se déroule dans un pays imaginaire, sans indication de lieu ou de date, même si le lecteur devine rapidement qu’on se trouve plutôt dans une époque médiévale.
L’universalité de l’histoire associé à l’aspect conte m’a guidé dans ce choix. Je voulais un décor neutre, qui ne puisse être associé à rien de ce que nous connaissons.
Ma réflexion fut totalement différente pour mes autres romans imaginaires.
6H66, le premier de mes romans imaginaires en France …
6H66, mon deuxième roman, est le premier de mes romans imaginaires en France.
Le point de départ de 6H66 est double. D’abord, cette heure qui n’existe pas. Elle est née de l’imagination de mon compagnon. De mon côté, je me disais que ça ferait un bon titre de roman. Mais quelle histoire écrire en rapport avec cette heure qui n’existe pas ?
Eh bien, celle d’une situation qui n’existe pas. Mais qui pourrait arriver ? Le second point de départ relève de réflexions personnelles. Que se passerait-il si dans notre pays, des choix sociétaux et politiques conduisaient à…
Impossible de terminer cette phrase. Sinon, je vous révélerais le ressort principal de l’intrigue de 6H66 et vous gâcherais sa découverte 😉 Sachez simplement que je redoute qu’un jour, cette situation qui n’existe pas se produise… La convergence de ces deux idées a créé l’intrigue de 6H66. Et m’a emmené dans le genre de la dystopie. Jusque là, aucun besoin de donner à cette dystopie un semblant de réalisme.

Quand j’ai commencé la construction de 6H66, cet aspect inquiétant me trottait en tête. Je souhaitais absolument le faire transparaître dans l’histoire. Pour projeter le lecteur dans une situation qui n’est pas mais qui pourrait être… Et le mettre en position de réflexion : à la place du héros, que ferait-il ?
La solution résidait dans le décor. Voilà pourquoi j’ai placé l’histoire de 6H66 en France : pour donner à ce roman une dimension réaliste telle qu’elle provoquerait chez le lecteur réflexions et questionnements.
Parmi les lecteurs qui ont laissé des commentaires en ligne, l’un d’eux a trouvé que j’avais choisi la facilité en utilisant un évènement de la politique française. Chacun son opinion. La mienne est inverse : cela aurait été trop facile de ne pas confronter l’histoire de ce roman avec notre Histoire et notre situation sociétale et politique.
Ce parti pris, je l’assume et si je devais réécrire 6H66, je ne changerai pas de posture. D’autant que nombreux sont les lecteurs qui m’ont indiqué que cette lecture les avait conduit à s’interroger sur énormément de choses. Pari réussi, donc 🙂
Je ne sais pas s’ils ont trouvé depuis des réponses qui les satisfont. De mon côté, le roman se termine en laissant en suspens plein de questions sur ce que deviennent certains personnages. Mais ce n’est ni à moi ni au roman d’apporter des réponses.
C’est à vous, amis lecteurs 😉
Et si vous ne l’avez pas encore lu, j’espère que tout ce mystère ne vous aura pas trop dérangé. Voire vous aura donné envie de le découvrir.
L’histoire de Roman 4 et sa trilogie se situe également en France
Avec Roman 4, je prolonge la liste de mes romans imaginaires en France.
Comme il s’agit d’un roman post-apocalyptique, situer l’histoire dans notre pays était assez facile. Cette idée s’est d’ailleurs immédiatement dessinée.
L’écriture de Roman 4 m’a conduite presque aux mêmes réflexions que celle de 6H66.
Cette fois-ci, il ne s’agit pas de créer de l’inquiétude, mais de pousser la réflexion sur des comportements ou choix d’une partie de notre société. Et de se demander jusqu’où une bonne intention reste équilibrée et juste…
« L’enfer est pavé de bonnes intentions », dit le dicton populaire. Mais l’enfer de qui ?
Voilà pourquoi j’ai également placé Roman 4 en France. Pour faire écho à des choix ou des postures d’aujourd’hui. Pour savoir ce que les hommes de demain en feraient s’ils étaient condamnés à survivre à un cataclysme dévastateur pour une grande partie de l’Humanité… Et qui ferait subir quoi à qui…
Ce choix m’a simplement obligée à créer une toute petite “invention”, autorisée par le genre de la science-fiction, pour expliquer l’un des ressorts de l’histoire. Ressort qui donne à certains personnages des capacités inédites…
Je dois malheureusement m’arrêter là, sinon je vais trop en dire 😉
Je peux simplement ajouter ceci.
En plaçant mes romans imaginaires en France, je peux aussi m’amuser à modifier notre paysage. Je m’y emploie dans Roman 4. Et ce sera encore plus marqué dans le tome 3 de cette future trilogie.
J’espère que ce sujet vous a plu et qu’il vous a donné envie d’en savoir plus sur mon univers d’autrice. Ce billet est tiré de ma newletter mensuelle. Si vous voulez rejoindre la communauté de mes lecteurs, abonnez-vous.
