Les recherches préparatoires : ma façon de les mener

Ecrire un roman ne commence pas avec l’écriture du premier mot. Il y a de nombreuses étapes préalables. Notamment, celle des recherches préparatoires. Même le roman le plus contemporain qui soit demande à son auteur de vérifier différents éléments du décor, du contexte ou de la façon de vivre de ses personnages. Chaque auteur a sa façon de mener ses recherches. Aujourd’hui, je vous parle de ma façon de faire.

Exploiter tous les supports possibles

Si aujourd’hui je suis cheffe d’entreprise, mon premier métier, et donc ma formation initiale, était documentaliste et chargée de veille informative. Je pars du principe que la culture et l’information se trouvent n’importe où et n’importe quand. Une revue, une émission de télé, un roman, un essai, une discussion entre amis… Notre quotidien est rempli de sources d’information diverses et variées. J’aime donc varier les supports pour mes recherches. J’exploite tout ce qui peut me tomber sous la main ou tout ce que m’offre la médiathèque de ma ville :

  • des revues ou des journaux.
  • des essais.
  • des beaux livres.
  • d’autres romans sur un sujet proche de celui que je suis en train d’écrire.
  • des documentaires à la TV (en particulier ceux de France 5 et d’Arte).
  • des encyclopédies (ma bibliothèque en recèle plusieurs).
  • d’anciens livres d’études (j’ai d’abord fait des études d’histoire et j’ai conservé une grande partie des livres acquis pendant ces 4 années).
Image par Alexander Antropov de Pixabay

Identifier les sources d’information n’est donc pas un problème pour moi. Vous remarquerez d’ailleurs que je n’ai pas cité les sources disponibles en ligne. Je ne les boycotte pas. Des blogs scientifiques ou les sites d’associations historiques font partie de certaines de mes sources. Mais je préfère le support papier. C’est vers lui que je me dirige en premier lieu. D’abord, vers ma propre bibliothèque. Ensuite, vers la médiathèque de ma ville. J’emprunte également parfois des livres à mes amis, lorsque je sais que le sujet fait partie de leurs centres d’intérêt.

Ce n’est qu’après que je me tourne vers les sources en ligne.

Vous savez maintenant avec quels supports je mène mes recherches. Mais à quel moment de l’écriture se situe cette étape de recherche ? Est-ce que je les réalise toutes avant tout commencement de l’écriture ? Ou bien est-ce que je choisis de les mener de front avec l’avancement du roman ?

Eh bien, tout dépend des histoires 😉

Carnet pour recherches préparatoires
Image par Pexels de Pixabay

Quelle méthode pour quel roman ?

Des recherches préparatoires brouillonnes pendant l’écriture de mon premier roman…

Pour mon premier roman, Le Mystère des Ghénas, j’ai été un peu brouillonne sur ce sujet. Il faut dire que l’excitation de commencer l’écriture de ce premier roman a emporté toute logique. J’ai donc mené une partie de mes recherches en plein milieu de son écriture. Et quand je dis mené, je devrais plutôt dire « commencé ». J’étais partie dans l’écriture de cette histoire un peu à tâtons et pleins d’étapes préparatoires ont été zappées. Donc, en plein milieu d’écriture, me voilà à lire des livres sur les plantes médicinales, sur la façon de construire une cabane, etc.

Je n’avais pas vraiment eu de façon de faire. C’était malgré tout un peu normal. Il s’agissait du premier roman et donc de la première vraie expérience d’écriture. Par conséquent, toutes les étapes ne se sont pas forcément déroulées dans l’ordre idéal – si tant est qu’il y ait un ordre idéal.

… et mieux maîtrisées pour 6H66

J’ai corrigé ça au moment de l’écriture de 6H66, mon deuxième roman. D’abord, parce que pour cette deuxième histoire, je voulais vraiment faire les choses dans l’ordre. Ensuite, parce qu’il me fallait vraiment vérifier certaines petites choses avant de commencer cette histoire.

Ce roman a connu un autre travail préparatoire. Ce travail n’impliquait pas de recherches à proprement parler, simplement d’un peu de logique et de comptage. Je devais construire le système horaire qui prévaut dans l’univers de 6H66. Dans ce roman, les heures, les jours et les années ne sont pas tout à fait ce que nous connaissons…

Mais comme j’aime la logique, il fallait que cette organisation différente tienne en 365 jours un quart, c’est à dire le nombre de jours que met notre Terre à faire le tour du soleil. J’ai donc calculé le nombre de secondes, minutes et heures des années que nous connaissons et j’ai ensuite créé le système horaire de 6H66.

Ensuite, j’ai demandé à mon amoureux de me bâtir une table de conversion. Ainsi, je savais quelle heure de 6H66 correspondait aux heures que nous connaissons. Ainsi, toutes les heures citées en début de chapitre correspondent exactement au bon moment de la journée, dans le système horaire que nous connaissons…

Pour une fois, ce travail de recherches préparatoires a véritablement suffi. Pendant toute la durée de l’écriture de 6H66 (écriture qui s’est tout de même déroulé sur une période de 3 ans et demi…), je ne me suis jamais retrouvé coincée par une nouvelle idée qui demanderait de nombreuses vérifications avant de pouvoir poursuivre l’écriture.

Quand un détail historique ralentit le reste

Mon roman Julia et Mrs Carpenter m’a demandé plusieurs recherches historiques. Mais je vous avoue que je ne les ai pas menées avant le tout début de l’écriture.

Cette fois, il ne s’agissait pas de repousser une étape qu’on pourrait juger beaucoup moins excitante que l’écriture. Mais un passage très important de l’histoire se passe dans le dernier tiers du livre. Tout le reste du roman reposait sur ce passage. Il me fallait donc commencer par l’écrire – aux moins dans les grandes lignes – pour savoir si mon histoire tiendrait la route. Ce passage est très long – au final, il occupe à lui seul 42 pages du roman dans sa version imprimée ! Et le temps nécessaire à son écriture s’est inclus pendant l’écriture de 6H66.

J’ai donc repoussé les recherches préparatoires liées à ce troisième roman assez loin dans son processus de création. Ces recherches étaient surtout d’ordre historiques.

Mrs Carpenter ayant vécu sa jeunesse en Angleterre et notamment pendant la Seconde Guerre Mondiale, j’ai dû me documenter sur les sujets suivants :

  • la vie à Londres pendant la Seconde Guerre Mondiale.
  • la vie dans la France Occupée pendant la Seconde Guerre Mondiale.
  • les débuts de l’agriculture biologique.
  • la période de la reconstruction post Première Guerre Mondiale et celle qui a suivi la fin de la Seconde Guerre Mondiale.

C’est sur un petit détail de ce dernier sujet que je suis restée coincée le plus longtemps. Une histoire de date. Combien de temps après la fin de la guerre les liaisons maritimes Transmanche sont-elles redevenues possibles ? En quelle année Mrs Carpenter avait-elle enfin pu rejoindre la France et la ferme de sa Tante Beth ? Il m’a fallu plusieurs mois de recherche pour réussir à trouver la bonne information. Qu’elle soit manquante ne m’a pas empêché de poursuivre mon écriture. Mais tant que je ne l’avais pas, je ne pourrais définitivement pas terminer mon roman et l’envoyer en bêta-lecture.

Je n’ai trouvé cette fameuse date, l’année 1946, que quelques mois avant l’été 2021 et l’envoi de mon manuscrit à mes bêta-lectrices et mon bêta-lecteur.

C’est donc sur le roman pour lequel j’avais le plus anticipé mes recherches préparatoires que je me suis retrouvée presque en posture d’attente de parution car ces recherches n’aboutissaient pas !

Des recherches préparatoires beaucoup mieux coordonnées pour Roman n°4

Pour mon quatrième roman en cours d’écriture, j’ai pour l’instant mené mes recherches préparatoires en deux étapes.

J’ai mené mes recherches préparatoires préalablement à la construction de mon intrigue et de mon futur plan. Des recherches dans le domaine scientifique, notamment. Des documentaires à la télévision et des revues scientifiques m’ont beaucoup renseignée. Ces recherches m’ont permis de valider l’hypothèse de départ de mon histoire.

Je continue d’approfondir ces premières recherches, en suivant l’actualité scientifique.

J’ai ensuite mené un travail de repérages de ressources sur d’autres sujets : l’autoconstruction, l’autoconsommation, etc. Certains sujets nécessitaient simplement de vérifier si ce que j’imagine pour ce roman peut fonctionner dans l’histoire. D’autres sujets abordés pendant mes recherches préparatoires demandent d’être approfondis. Ils seront exploités dans les différents passages de présentation de ce nouvel univers. Pour ceux-là, je n’ai pas voulu m’abreuver d’informations trop détaillées avant d’écrire.

Le premier jet de ce quatrième roman se focalise pour l’instant sur l’intrigue, l’action et les caractères de mes personnages. Les descriptions feront partie du deuxième jet. Il ne me restera alors qu’à me plonger dans les sources déjà identifiées et à les exploiter.


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