Ecriture en cours, Etre auteur

Changement de méthode

De nombreuses questions se posent à l’auteur qui entame l’écriture d’un nouveau roman. Beaucoup concernent l’histoire, d’autres la méthodologie. Dans ce dernier domaine, il y a en une qui n’est pas si anodine que ça. Papier ou clavier ? C’est la question que j’ai dû traiter avec l’écriture de Roman n°4.

L’écriture manuscrite, celle par laquelle j’ai commencé

Mes trois premiers romans ont été totalement écrits à la main. C’est l’écriture de mon premier roman, Le Mystère des Ghénas, qui a donné le ton. Lorsque les premières idées sont apparues, j’ai écrit le pitch sur mon traitement de texte habituel, une page donnant les grandes lignes, ainsi que le nom des Ghénas. D’ailleurs, c’est une faute de frappe sur le mot « géant » qui m’a inspiré le nom du peuple d’Azur, l’héroïne. Puis, lorsque je me suis lancée dans l’écriture des premières pages, j’ai attrapé un vieux cahier de brouillon très peu utilisé, un stylo et je me suis confortablement installée dans mon canapé.

Ecriture sur un carnet
Photo de Anete Lusina sur Pexels.com

Les cahiers se sont enchaînés, les lieux d’écriture aussi. J’emmenais mon histoire avec moi partout où j’allais. Les premières pages du deuxième chapitre du Mystère des Ghénas ont même été écrites dans la salle d’attente de mon médecin ! Les trajets en train m’ont également offert de nombreuses séances d’écriture. L’écriture de 6H66 a d’ailleurs démarré dans un TGV.

Au fur et à mesure que les cahiers se remplissaient, je marquais des pauses dans l’écriture manuscrite pour commencer à retaper mon texte sur ordinateur. Pour le Mystère des Ghénas, la première séance de frappe eut lieu peut-être trois ou quatre mois après le début de l’écriture. J’envisageais alors de faire lire ce que j’avais déjà produit à l’une de mes bêta-lectrices. J’avais déjà écrit plusieurs histoires pour les enfants que je n’avais fait découvrir qu’une fois terminées, je voulais là avoir un autre regard assez rapidement, avant d’arriver à enchaîner les centaines de pages. Ce premier test fut très encourageant, sa lecture des 70 premières pages m’apportèrent des premiers points d’amélioration dans la construction. Mais surtout m’encouragèrent à poursuivre.

J’ai ensuite continué de la même façon, faisant des pauses dans l’écriture manuscrite pour assurer la frappe du tapuscrit à intervalles plus ou moins réguliers. En général, cela se produisait lorsque le manque d’inspiration se faisait un peu trop sentir. J’utilisais alors ces séances de frappe comme soupape, un moment pour me replonger dans le contenu de l’histoire. Elles m’offraient également une première relecture, surtout dédiée à identifier une meilleure formulation ou à modifier un mot de ci de là.

6H66 et Julia et Mrs Carpenter se sont écrits de la même façon. Enfin, pour être exacte, 6H66 a connu quelques passages écrits directement sur clavier, notamment lorsque de mes tentatives de participer au NaNoWriMo. Mais cela ne représente pas la majorité du nombre de pages que contient ce deuxième roman.

Jusqu’au début de l’écriture de Julia et Mrs Carpenter, cette technique me convenait très bien. Mais au cours de l’écriture de ce troisième roman, un adversaire de taille a fait son entrée dans mon activité d’autrice : le manque de temps !

L’écriture sur ordinateur, un gain de temps…

Il y a trois ans, je créais mon entreprise. Un bouleversement à plus d’un titre dans ma vie professionnelle et personnelle, comme vous pouvez l’imaginer 😉 L’une de ses conséquences fut de sacrément diminuer le temps disponible pour les activités non professionnelles et non vitales. Du côté de mon activité d’autrice, l’écriture et la future parution de 6H66 en ont été d’ailleurs sacrément retardé.

L’écriture de Julia et Mrs Carpenter, entamée avant ce changement professionnel et reprise une fois le quotidien de l’entreprise bien construit, et alors que la publication de 6H66 se préparait, m’a fait m’interroger. Alors que ce troisième roman n’était pas encore terminé, la trame du quatrième émergeait. Et elle commençait à devenir dense. Je sentais que je m’orientais vers un roman au nombre de pages aussi conséquent que 6H66. Je commençais déjà à compter les mois, et certainement les années qui me faudrait pour en venir à bout, en continuant d’appliquer la méthode d’écriture que j’avais eu jusqu’à présent.

Pour continuer à maintenir mon activité d’écriture parmi toutes les autres, il me fallait pouvoir gagner du temps.

Les recherches préalables, la construction du plan ou de ses personnages, le temps d’écriture, les nombreuses phases de relecture : toutes ces actions relèvent de l’imagination et de la concentration. Elles dépendent de beaucoup de choses et peuvent difficilement être cadrées dans le temps. Ce ne sont pas des tâches opérationnelles sur lesquelles gagner du temps se fait facilement.

Mais le temps que je consacrais jusqu’à présent à retaper sur ordinateur mes textes manuscrits est facilement quantifiable. Et mine de rien, ce temps se chiffre en un très grand nombre d’heures. Même si cette étape de frappe m’apportait une première occasion de relire ce que j’avais produit, il était peut être temps de m’en défaire.

contre une perte de spontanéité et de créativité ?

Ecriture sur ordinateur
Photo de cottonbro sur Pexels.com

L’écriture de Roman n°4 a démarré début novembre 2021, exclusivement sur clavier. J’écris bien sûr majoritairement sur mon temps libre. Mais lorsque certaines pauses déjeuner m’en laissent un peu le temps, je m’accorde le loisir de rédiger certains passages dont les idées me chatouillent l’esprit alors que je suis au boulot ! Une façon de ne pas laisser s’échapper une idée ou une formulation. Comme mon rythme d’écriture est désormais un peu plus régulier que pour mes romans précédents, je sais toujours à peu près où je me suis arrêtée lors de ma dernière séance de travail. Il ne m’est ainsi pas trop difficile de raccrocher ces paragraphes « extérieurs » au reste de mon texte.

Ne pas laisser s’échapper l’inspiration est d’ailleurs un moyen de compenser un certain manque de spontanéité dans l’écriture. Je l’avais déjà un peu remarqué pendant l’écriture de 6H66, quand j’avais écrit certains passages directement au clavier. Etrangement, la frappe au clavier me fait parfois plus chercher mes mots que l’écriture manuscrite. J’hésite plus souvent sur le choix d’un terme. Là où j’avais parfois l’impression que le stylo écrivait tout seul à ma place, je me rends compte que je réfléchis beaucoup plus à mes formulations ! Et j’ai parfois l’impression d’être moins inspirée devant mon écran que devant une feuille de papier.

Cependant, ce petit désagrément n’est peut-être qu’une mauvaise impression après seulement quatre mois de pratiques. D’autant que j’ai trouvé un autre point positif à cette écriture directement au traitement de texte. C’est que je peux déjà déplacer, et plus facilement qu’avant, les phrases les unes par rapport aux autres. Si l’expression me pose souci, la construction et l’harmonisation des paragraphes entre eux se fait, elle, de manière parfois plus fluide qu’avant 🙂

Je jugerai définitivement cette nouvelle méthode lorsque le premier jet de ce quatrième roman sera terminé. Si le temps gagné à ne plus retaper mon texte est bien celui que j’imagine, j’espère le clôturer pour la fin de cette année 😉

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