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Interview d’une autrice autoéditée : Angélique Maurin

Je vous propose aujourd’hui un nouveau rendez-vous sur le blog : l’interview d’une autrice ou d’un auteur issu de l’autoédition. L’occasion de vous faire découvrir d’autres plumes que la mienne, et d’autres univers ou façon de vivre la vie d’auteur. Ces autrices ou auteurs, je les ai lus, j’échange plus ou moins régulièrement avec eux et j’apprécie leur travail. Ces interviews paraîtront chaque trimestre. On commence l’année avec Angélique Maurin, l’autrice du roman Amère dont je vous parle juste après cet interview.

Bonjour Angélique. Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Angélique Muarin - autrice du roman Amère
Angélique Maurin

Je m’appelle Angélique Maurin et j’ai commis un pavé de 469 pages parut en édition indépendante ce qui me permet aujourd’hui d’avoir la chance de pouvoir prétendre à cette interview d’auteurs A.E! Merci Amélie !

Contrairement à pas mal de collègues auto-édités, j’ai choisi de signer sous mon véritable nom. Utiliser un pseudo a été une éventualité envisageable à un moment donné, puis finalement je me suis dit qu’à choisir de sortir ce qui, je le pensais, serait mon seul et unique roman, il serait peut-être plus satisfaisant pour moi de le faire en mon nom propre. Histoire qu’il soit attribué sans aucun doute, sans besoin d’une quelconque justification à celle que je suis vraiment, à celle que j’ai toujours été et que je serai toujours. Sans fards ni masques et avec tout plein d’ego : moi, moi, moi (et mon livre quoi) !

Pour tracer un portrait classique et rapide, je dirais que je suis née et vis dans le Sud-Est de la France entre trois grandes villes bien représentatives des régions Occitanie et PACA: Nîmes, Arles et Avignon. Que j’ai donc un accent chantant et l’amour du soleil et de la mer. Que j’ai deux grands garçons à qui j’ai légué et mon entêtement et mes goûts pour les matières artistiques. Que j’ai été une petite fille gentille et bavarde puis une adolescente punk qui aimait beaucoup l’école et notamment le Français. Que j’ai très vite été passionnée par les livres et attirée par l’écriture. Que j’aurais souhaité suivre un cursus littéraire qui m’a malheureusement été refusé et que j’ai donc poursuivi des études médico-sociale et construit ma carrière dans le domaine de l’enfance.

Se présenter pour moi, c’est livrer davantage que des détails familiaux ou professionnels, mais je réalise en écrivant ce texte que je n’arrive pas à le faire, que j’ai envie de dire tout puis son contraire la seconde d’après.

Il y a une phrase (prononcée par le sombre et miaulant Robert Smith idole incontestée de mes jeunes années) qui m’avait marquée et qui me revient beaucoup en mémoire en ce moment : « mes vérités ne durent qu’un instant, dans un instant elles seront différentes » et c’est un peu ça qui m’agite en ce moment. Une sorte de mutation expresse qui me fait me présenter alternativement comme pétillante puis morne, comme ouverte puis fermée (je crois qu’à force de corrections sur mon dernier manuscrit, je n’arrive plus à aligner de phrases ou de pensées cohérentes hors de ce contexte) et qui m’empêche de croire en la véracité des adjectifs que je pourrais employer ponctuellement pour tenter de me décrire.

Je dirai donc simplement que j’ai plein de qualités ! Compliquées par les excès d’un tempérament parfois un peu trop rêveur, parfois un peu trop perfectionniste, parfois un peu trop encombré de réflexions et d’utopies. Et tous les défauts qui les accompagnent !

Depuis quand écris-tu ? Combien de romans as-tu publié ?

J’écris depuis que je sais le faire. J’étais une enfant qui, même sans feuille ni stylo, se racontait des histoires à voix haute, construisait des poèmes dans le vent, aimait assembler les mots. J’étais la pro des rédactions, commentaires de texte à l’école. J’ai écris, comme tout le monde, des journaux intimes, des recueils de poésie. Un roman quand j’avais 11 ans. Beaucoup de textes.

Et puis l’histoire qui m’amène à répondre à ces questions aujourd’hui : AMÈRE, un roman commencé je dirais vers 1994 et que j’ai terminé et auto-publié en 2019.

Il est pour l’instant mon seul et unique roman publié.

Qu’est ce qui t’a poussé à publier ton premier roman ?

AMÈRE était un peu mon obsession.

Cette ébauche de roman que je gardais pour moi seule depuis des années et dont je ne faisais rien – par peur de le concrétiser, de le présenter, par peur de m’étendre, par incapacité à penser que ça puisse intéresser qui que ce soit ou encore par absence totale de confiance en la possibilité de réalisation des rêves –, encombrait une grande part de mon cerveau et il se rappelait à moi suffisamment souvent pour que je ne puisse pas me permettre de l’oublier.

Et puis une date importante, un anniversaire s’est profilé à l’horizon. Merde, je vieillissais ! Et sans avoir accompli MON besoin fou, MON aspiration la plus essentielle! J’étais dans une phase (eh oui, les anniversaires, ça me fait malheureusement toujours ça !) où je me posais sans doute bien plus qu’à l’accoutumée des questions sur « Qui suis-je ? » « Pour quelles raisons? » « Qu’est-ce que j’ai fait ?» « Qu’est ce que j’ai pas fait ? » etc….

Terminer ce roman m’est apparu alors comme le seul horizon possible, le truc vital à amener jusqu’à son terme si je voulais me respecter un peu, respecter mes besoins, mes élans et ceux de la bambina idéaliste d’hier. Je voulais le terminer. Juste ça ! Puis finalement je n’ai pas ressenti l’aboutissement espéré en apposant le mot FIN au bas du manuscrit. J’ai entendu parler de l’auto-édition. Et j’ai foncé. Sans trop savoir comment faire. Sans vraiment comprendre le système. Je voulais simplement pouvoir tenir mon roman entre mes mains et le déposer dans ma bibliothèque. Mais ça n’a pas suffi non plus à me contenter. Il a fallu que d’autres le lisent. Que d’autres me disent. Et pour mon plus grand bonheur, ils m’ont dit plus que ce que je souhaitais entendre. Pourtant, je dois avouer que… ça ne me suffit toujours pas !

Pourrais-tu faire partager ton quotidien d’écriture/d’auteur aux lecteurs ?

Il n’ya rien de glamour dans ma façon d’écrire. Je fantasme sur des images d’auteurs isolés dans une cabane au fond des bois ou dans une maison pleine de chats, de musique et de feux de cheminées, qui s’arrachent les cheveux, ne parlent à personne, griffonnent des phrases dans un carnet écorné, seuls au bord de l’océan ou sur une table d’un vieux café et finissent par trouver l’illumination au beau milieu de la nuit, frappant comme des hallucinés sur leurs claviers.

Moi j’écris vite, beaucoup, parfois bien mais laborieusement. J’écris par étapes. Par couches. Un premier paragraphe, grandiose, sur lequel je reviens parce que finalement à la relecture je le découvre archi nul et que je modifie encore, encore. Je suis une insatisfaite, à la recherche perpétuelle du mot parfait. J’ai besoin de temps, de silence, de solitude, d’absence de distraction. Je ne manque pas d’inspiration. J’écris. Mais le texte originel reste rarement intact. Je bouleverse tout. Une fois, vingt fois, cent fois.

L’écriture est une passion, un moyen de me contenter, de me prouver quelque chose à moi-même, je ne sais pas, peut-être ma particularité, ma capacité à créer, un plus dans ce genre-là. Mais je ne crois pas qu’elle soit un exutoire positif ou une source de bien-être pour moi. Je sais, parce que je le vis très quotidiennement depuis la construction finale d’AMÈRE, que ce n’est pas quelque chose qui m’apaise ou m’apporte du bien-être. J’aime écrire mais je crois pouvoir affirmer aussi que j’en souffre. C’est bizarre, ça parait certainement un peu surfait et prétentieux, style j’ai écrit un seul livre et je me la joue artiste maudite ! Mais c’est la vérité, il faut croire que je suis définitivement une douloureuse !

Quand tu n’écris pas et n’es pas en train de relire tes manuscrits, qu’aimes-tu lire ?

Je pensais lire beaucoup avant de découvrir les communautés de lecteurs cumulards qui ferment un livre pour en ouvrir trois autres et ont 75 titres dans leur PAL. Je lis souvent, mais par besoin, par pulsion. Quand l’envie se fait ressentir, elle est forte. Et je l’écoute. Mais je peux aussi passer des semaines sans prendre un bouquin. Ouvrir un livre pour moi c’est un vrai rendez-vous. Je m’y donne. C’est précieux. Donc je choisis mon moment et je le savoure. Je ne suis pas une lectrice de coin hasardeux, inconfortable. Je suis une lectrice qui s’étale. J’adore lire à la plage, sous un plaid ou dans un lit débordant de coussins. Une lectrice plaisir qui se crée un cocon pour s’enfermer dans l’histoire. Je ne peux donc lire qu’un livre à la fois. Par respect pour l’auteur, pour les vies que je suis, pour ma chance à pénétrer un monde qui ne m’appartient pas.

Je lis des choses très différentes mais je reste assez fidèle à la littérature blanche et aux classiques. J’aime les romans historiques, les drames, les biographies, les thrillers aussi. Je lis bien sur beaucoup d’auto-édités depuis que je fais partie de cette grande et belle famille.

Petite liste non exhaustive de quelques uns de mes romans favoris : Les liaisons dangereuses (Choderlos de Laclos), Les rois Maudits (Maurice Druon), Lolita (Nabokov), Autant en emporte le vent (Margaret Mictchell), Les Misérables (Victor Hugo), Jesse (Stephen King) My absolute darling (Gabriel Tallent), Millénium (Stieg Larsson), Rien n’est noir (Claire Berest) et tant d’autres….

Et quand tu n’écris pas ni ne lis, qu’aimes-tu faire dans la vie ? Ces autres activités ont-elles une influence sur tes idées d’histoire ?

J’aime énormément la musique. J’en écoute beaucoup et vais souvent au concert (plus difficile ces deux dernières années malheureusement). J’aime le cinéma. Le théâtre. J’ai fait beaucoup de danse enfant et je rêverai de m’y remettre. J’aime beaucoup bricoler chez moi, repeindre, tout changer, relooker des meubles. Je fais de l’anglais, une fois par semaine dans un club. J’attaque ma troisième année. C’est un vrai plaisir. J’aime visiter, découvrir de nouvelles villes, faire du shopping (une passion débordante dans tous les sens du terme). J’aime la fête, même si la fête telle que je l’entends se fait de plus en plus rare.

J’aime aussi la solitude. Et bien évidemment, la solitude est une grande génératrice de pensées, d’idées, de fulgurances. Mais je ne crois pas que ce soit le quotidien qui me donne l’idée d’écrire. Mes inspirations sont très lointaines, très profondes, un sentiment, un détail d’il y a mille ans qui se construit, qui grossit d’année en année. Je suis une lente. Qui a besoin de temps et de curiosité ou de passion pour le sujet à faire aboutir.

C’est pour ça que je ne pense pas écrire beaucoup plus. Mon deuxième roman est prêt. Parce qu’une sorte de nécessité m’a poussé à disserter autour de cette histoire. Mais il sera peut-être le dernier. Je me vois mal enchaîner sur autre chose tout de suite après. Mais je me trompe peut-être !

Je rebondis sur ce que tu viens de dire au sujet de ton second roman qui sera peut-être le dernier. C’est étrange – tu me pardonneras le mot – de se dire à l’avance qu’un projet, même s’il a puisé très profondément dans nos ressources, peut nous empêcher de nous laisser emporter par une autre idée d’histoire. Finalement, dis-tu ça parce que tu es actuellement dans l’étape du soulagement d’avoir terminé ce second roman et que tu te sens vidée de toute autre envie d’histoire ? Ou penses-tu réellement que d’autres idées ne pourraient pas apparaître et te donner l’envie de reprendre la plume ?

Comme je l’ai dit plus haut, rien n’est immuable. Et les réponses que je te donne aujourd’hui pourraient être très différentes dans trois jours, dans un mois, etc..

J’ai terminé l’écriture de mon premier roman pour moi-même. Avant tout pour moi-même.

L’auto-édition a été, on va dire, la cerise sur le gâteau. Mais il y a une sorte de surenchère, d’obligation à produire plus, qui s’instaure dès qu’on a franchi les portes de l’auto-édition. Je suis quelqu’un qui se met beaucoup de pression dans la vie en général. Et je n’ai pas envie de m’en mettre au sujet de l’écriture.

Finir mon deuxième roman, c’est vraiment intense. Après, ça tient certainement à ma façon de faire : je n’ai pas de plan, je fignole excessivement, je modifie en permanence ce qui m’oblige régulièrement à tout reprendre depuis le début, etc..

J’ai vraiment l’impression que les journées durent deux heures. Il me faudrait des jours, des nuits sans fin et personne autour de moi, pour parvenir à travailler comme je le voudrais. Devenir une ermite qui ne mange plus, ni ne dort plus. Mais c’est impossible ! Lorsque ce deuxième roman sera en vente, je me sortirai plus ou moins de cette pression-là. Je dis plus ou moins, parce qu’après, il y a la promo sur les réseaux, l’attente des commentaires. Tout ça fait que le roman a été votre principal souci et qu’il le reste encore pendant des mois. Je me détache à peine d’ « Amère » alors que ce roman vient de fêter ses deux ans et que j’ai commencé à l’écrire il y a 25 ans !!

Tout ce que je veux dire, c’est que je n’écrirai pas un troisième pour satisfaire à une sorte d’obligation. Je n’écrirai pas sur n’importe quoi juste parce qu’il me faut écrire. C’est tout. Mais bon, si ça se trouve, je penserai le contraire bientôt et mon cerveau, libéré des contraintes de la fin des corrections, va m’envoyer des signaux si forts que je vais replonger. Mais peut-être que non. Je n’en sais rien. Tout ce dont je suis sûre en tous cas, c’est que je ne me forcerai pas.

Pour finir, parle-nous de tes nouveaux projets d’écriture.

Comme je le disais, j’ai un deuxième roman prêt à sortir. Je suis gravement en effervescence par sa faute. Il a été écrit bien plus rapidement que le premier (je me suis accordé du temps, beaucoup de liberté pour lui permettre de voir le jour) mais je suis du coup un peu perturbée par cette rapidité. Comme si le fait de l’avoir écrit bien plus vite que le premier lui donnait moins de poids! Je suis aussi perturbée par son contenu et cela pour des raisons très personnelles. Bref je me sens folle à cause de lui et il est vraiment temps qu’il m’échappe, que nous nous libérions l’un de l’autre.

Je ne suis pas très douée pour parler de ce que j’écris et puis je ne veux pas en révéler trop ne sachant pas vraiment à quelle date il va sortir. J’espère en janvier 2022 mais je ne le garantis pas.

Tout ce que je peux dire c’est que :

AMÈRE traitait des douleurs entraînées par l’amour fou, des ravages causés par cet amour, des passions féminines, des douleurs filiales, de la transmission de ces mêmes douleurs qui s’exprimait au travers des voix et des confessions intimes de toutes ses héroïnes.

Ce nouveau roman parle encore de famille, de passion et des dérives d’une femme, mais avec beaucoup plus de mystère, de distance, de détails, de désir de raconter et de disserter, d’aller à la rencontre du personnage.

Si on veut te lire, où peut-on se procurer tes romans ?

Couverture du roman Amère

« Amère » est disponible en numérique et broché sur la librairie LIBRINOVA. Il est également disponible en numérique exclusivement sur toutes les librairies en ligne (Cultura, Fnac, Sauramps etc..) et bien sûr sur AMAZON.

Si des lecteurs veulent suivre ton actualité, sur quels réseaux sociaux es-tu présente ?

J’ai une page Auteur sur Facebook et un compte Auteur Instagram.

Un dernier mot pour finir ?

Voilà Amélie, je te remercie pour ces questions et la possibilité que tu m’as laissé d’y répondre. Nous nous suivons depuis un moment et c’est toujours un plaisir pour moi de voir se renforcer nos liens, même virtuels et notre entraide.

Je souhaite un gros succès à ton dernier roman qui, comme les deux précédents, le mérite. Je sais que tu écris encore et que cette passion en toi reste intacte. Bravo et à bientôt pour de prochaines aventures !


Voilà pour cette première interview d’autrice autoéditée. J’espère qu’elle vous a plu et vous aura donné envie de découvrir l’univers d’Angélique 🙂 Moi, j’en suis devenue fan !! Amère, son premier roman, est pour moi très réussi. Je vous laisse d’ailleurs découvrir l’avis que j’avais laissé sur Amazon après ma lecture. Vous devinerez donc à ce commentaire que j’attends avec impatience la parution de son second roman 😉

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