Etre auteur

Un peu d’autosatisfaction de temps en temps, ça ne fait pas de mal !

Pas forcément facile d’avoir confiance en soi pour un auteur. Les obstacles, les doutes sont nombreux au cours de l’écriture d’un roman. Surtout lorsqu’on est peu (ou pas) connu. Et pourtant, vous avez toutes les raisons à un moment d’avoir confiance et d’être content de ce que vous avez fait, car c’est elle qui vous fera avancer.

Ca veut dire quoi l’autosatisfaction pour un auteur ?

Autosatisfaction (n.f.) : Contentement de soi. (Définition du Petit Larousse)

Contentement de soi : Vive satisfaction éprouvée à juger sa propre action (Définition du Petit Larousse).

L’autosatisfaction, c’est donc la satisfaction ressentie lorsqu’on observe ce que l’on a fait ou réussi à faire. Et que fait un auteur ou une autrice ? Il ou elle construit des histoires, les écrit. Il ou elle couche des mots sur le papier ou l’écran, dans l’espoir de transporter le lecteur dans l’univers qu’il a créé spécialement pour cette histoire.

Photo de lilartsy sur Pexels.com

Dans les différentes étapes de la création d’un roman, la phase de relecture est celle qui peut emmener vos émotions dans tous les sens. L’ascenseur émotionnel ne cesse de faire des aller et retour entre tous les niveaux de votre confiance en vous même. « Ça ne tient pas la route, ce passage ». « Mais comment ai-je pu laisser passer une faute pareille ? ». « Le lecteur ne croira jamais à ça ». « Pas jolie jolie, cette formulation ». Etc, etc. Mais parfois, il se passe quelque chose. Un petit « je ne sais quoi » qui vous transporte et vous ravit. Tout à coup, ce que vous lisez vous émeut, comme si ce qui se déroule devant vos yeux était découvert pour la première fois (alors que c’est vous qui l’avez écrit !). Dans ce cas-là, vous êtes content de ce que vous avez fait. Vous pouvez être auto-satisfait.

Attention au piège de l’autosatisfaction

Devenir présomptueux, voilà le piège dans lequel il serait dangereux de tomber pour l’auteur soudain très satisfait de ce qu’il a réussi à faire. Etant donné que le syndrome de l’imposteur ne se promène jamais très loin de moi et de mes écrits, même après deux romans publiés et un troisième en cours de préparation, je pense et j’espère réussir à ne jamais tomber dans ce piège. Mais pour le cas où cette tentation me tendrait les bras, j’ai trouvé un mantra très utile et ô combien inspirant et motivant.

Si vous lisez régulièrement Lire-Magazine Littéraire, vous savez (sans doute) qu’Eric Emmanuel-Schmitt y tient une chronique de conseil d’écriture ou de conseils aux auteurs. Chacune de ses chroniques se résume par un conseil, facilement visible et lisible car écrit en gras. Le titre de sa chronique de septembre 2020 rejoint le sujet de ce billet : « La confiance de l’écrivain ». Pour résumer, sa chronique aborde la répartition des rôles entre l’auteur et l’histoire. L’histoire naît d’une idée ; ensuite, elle met l’auteur à son service pour la développer et lui donner vie. Et le conseil qui synthétise le contenu de cette chronique devient ce magnifique mantra pour tout auteur qui doute : « Ne croyez pas en vous, croyez en votre projet ».

La chronique d’Eric-Emmanuel Schmitt dans le numéro de Septembre 2020 de Lire Magazine Littéraire

Cette chronique, comme toutes celles qu’il publie dans ce magazine, m’a énormément plu et a pleinement résonné avec ce que je vis en tant qu’autrice. Lire cette chronique a eu un effet boost au moment où je poursuivais l’écriture de roman n°3 sans encore avoir trouvé la fin qui collerait parfaitement avec toute l’histoire. Encore un moment, donc, où le syndrome de l’imposteur ne cessait de se manifester et où je doutais de mes capacités. Quelle joie de lire que ce n’est pas l’auteur qui compte, c’est l’histoire.

Oui, mon histoire tenait la route ; oui, ce roman se terminerait un jour proche ; oui, je pouvais être fier, non pas de moi, mais de ce que j’avais produit et de mon engagement au service de ce nouveau roman. Cette histoire saurait m’emmener avec elle, pour que je puisse ensuite la conduire là où elle doit aboutir.

Cette confiance en mon projet, je l’ai à nouveau ressentie lors des multiples relectures de ce troisième manuscrit. Je me sentais bien dans cette lecture. Surtout à la (re)découverte de certains passages : même en cumulant les nombreuses lectures de corrections de façon rapprochée, je réussissais encore à être émerveillée par de nombreux ressorts et beaux moments de ce nouveau roman ; je n’étais jamais lasse de relire cette histoire. J’étais toujours à son service, je la laissais décider de ce qui serait bon ou pas et des versions qu’il faudrait finalement retenir.

Et avec ce nouveau mantra, pas de risque de tomber dans côté obscur de l’auto-satisfaction, puisque c’est de mon projet dont je suis satisfaite, pas forcément de moi-même 🙂 (mais un peu quand même 😉 )

L’autosatisfaction ne dure jamais très longtemps

Voilà pourquoi je disais en titre de ce billet qu’un peu d’autosatisfaction ne fait jamais de mal. Si la confiance dans votre projet doit rester votre maître-mot, l’autosatisfaction, elle, ne dure jamais très longtemps.

D’abord, parce que vous finirez toujours par retrouver une nouvelle coquille qui a finement échappé à votre énième relecture, la dernière après d’autres très nombreuses, celle où justement vous deviez chasser toutes les fautes récalcitrantes.

Ensuite, parce que vos bêta-lecteurs finiront bien par vous dire « c’est bien, mais… ». Vous avez pu le lire dans mon précédent billet (« Devoirs de vacances« ), j’ai reçu pendant l’été les retours de mes bêta-lecteurs concernant mon troisième roman. Ils ont pointé quelques petites choses manquantes. Ils m’ont aussi indiqué ce qui n’allait pas concernant certains personnages ; rien de grave qui remettrait en cause lesdits personnages mais des détails qu’il conviendrait de modifier.

Vous voilà donc reparti à travailler votre roman. Dans cette nouvelle phase de travail, point de place pour l’autosatisfaction, c’est de concentration dont vous avez besoin. Il vous faut vous replonger dans votre histoire, mais en y insérant les petits détails qui feront que votre histoire deviendra celle qui emporte les lecteurs avec elle. Cette fois-ci, il vous faut essayer de travailler votre roman avec deux regards, votre regard d’auteur et celui de vos futurs lecteurs dont vous avez déjà eu un aperçu avec ceux de vos bêta-lecteurs. Vous conservez bien entendu la main sur ce qui se passe dans votre roman – après tout, vous êtes l’auteur – mais sans toutefois vous fermer aux réactions que cette histoire suscitera chez vos futurs lecteurs.

… et c’est pour ça qu’il faut en profiter !

C’est lorsque vous aurez de nouveau relu votre travail et que vous poserez définitivement le mot « FIN » en bas de votre manuscrit que vous pourrez à nouveau vous laisser tenter par quelques instants d’autosatisfaction. Profitez bien de cette sensation (malgré ce que je vous disais plus haut sur ses pièges 😉 ). Elle vous donnera envie de soulever des montagnes, vous permettra de faire le plein d’énergie. N’oubliez pas que vous aurez besoin de force : commencera pour vous l’étape la plus longue, celle de la préparation de la publication de votre roman et surtout sa promotion. La promotion, un sport de longue haleine, un marathon, où quels que soient les obstacles ou les moments de fatigue (pas de ventes cette semaine ; ça fait longtemps qu’il n’y a pas eu de nouveaux commentaires pour mon roman ; etc.), vous devrez continuer à parler de votre histoire, à pousser votre roman vers vos futurs lecteurs. Dans vos moments de découragement (il y en aura, croyez-moi 😉 ), souvenez-vous de ces moments où vous étiez content de ce que vous avez réussi à produire, de la sensation d’avoir correctement servi votre projet, de ce moment où vous vous êtes dit « ce que j’ai écrit est bien/beau/chouette ! ». Vous serez requinqué pour la suite.

Mais surtout, cette autosatisfaction à vous dire « J’ai terminé l’écriture de mon roman » vous sera très utile pour vous plonger dans l’écriture d’une nouvelle histoire. Vous repartirez de zéro, plus de trace d’autosatisfaction dès que vous aurez commencé à imaginer de nouvelles choses. C’est là qu’un nouveau projet arrivera. Et comme dit Eric-Emmanuel Schmitt, faites-lui confiance, il saura vous emmener et mettre votre plume au service de quelque chose d’encore plus beau que le roman que vous venez de terminer : le suivant !

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