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La deuxième fois n’est pas toujours plus facile

Si vous avez vu Casino Royale, vous vous souvenez peut-être que, dans le pré-générique, Bond explique que pour devenir un agent « 00 », il faut tuer deux fois ; sa seconde victime lui assure que « la deuxième fois est toujours plus facile ». Voici la réponse de l’agent secret le plus célèbre de la littérature.

In french, 007 répond : « Oui. Indéniablement. »

Ce n’est pas uniquement pour le plaisir d’avoir Daniel Craig présent sur le blog que je fais référence à ce passage de Casino Royale (même s’il ne faut jamais rater une occasion de se faire plaisir 😉 ). C’est également parce que, parfois, même lorsqu’il s’agit de la seconde fois que l’on réussit à terminer un projet, tout n’a pas forcément été plus facile, contrairement à ce qu’affirme 007.

Je le disais dans mon dernier billet, la publication de mon second roman est prévu pour la fin de ce mois de février. Les étapes préparatoires à sa parution s’enchaînent, au rythme de mes échanges avec l’équipe de Librinova : la couverture est prête, le résumé rédigé, et les maquettes pour la version numérique et la version papier m’ont été fournies pour relecture et approbation. C’est ce travail de relecture et de contrôle qui m’a occupé tout ce week end.

Une huitième lecture, puisque la version définitive envoyée pour publication était la septième, et malgré cela, quelques détails m’ont sauté aux yeux. Non pas des erreurs dans l’histoire ou des incohérences (ce serait un comble de se rendre compte de ça au moment de la parution !!), mais des formulations que j’aurais sans doute pu tourner autrement, ou de petites choses, qui peuvent être lues et comprises de façon différente alors qu’elles sont identiques. Vous me suivez ? Non ? Peut-être qu’en le découvrant, vous verrez ce que je veux dire. Ou peut-être que non, qu’il s’agit simplement de l’avis de l’œil critique de l’autrice envers ses écrits, et que l’envie de toujours mieux faire me fait me demander si je n’aurais pas pu tourner les choses autrement. Quoi qu’il en soit, cette histoire est désormais fixée sur papier, et se tient prête à être analyser par les futures lecteurs. Ce n’est que lorsque les premiers retours arriveront que je saurai s’il aurait fallu quelques améliorations nécessaires ou si je me juge trop sévèrement.

Après avoir travaillé 4 ans sur cette deuxième histoire, je repense à une phrase que j’avais dite lors d’une rencontre avec une autrice – il s’agissait de Carène Ponte, à l’occasion de la sortie de son deuxième roman « Tu as promis que tu vivrais pour moi », à la librairie Martelle à Amiens : « Le premier roman s’écrit un peu par hasard, le second demande beaucoup plus de travail ». Maintenant que ce travail de dernier contrôle de la maquette est terminé, je ne peux que confirmer que pour ce second roman, la dose de travail à fournir a été beaucoup plus importante que pour le premier, et pas uniquement parce que ce deuxième roman fait 400 pages là où le premier n’en faisait que 180. Il y a dans cette deuxième fois une pression absente du premier roman : celle de ne pas refaire les erreurs commises sur la première histoire. Alors on travaille, on re-formule, on raye, on ré-écrit, sans que cela soit plus facile que la première fois. Il y a eu d’ailleurs 2 versions de plus pour le second roman avant d’aboutir à la version définitive pour publication. Et malgré cela, les questionnements dont je vous parlais plus haut.

C’est sans doute parce que j’ai réalisé cette lecture de contrôle de manière intensive, en la concentrant sur seulement 2 jours de week end avec de longues heures de lecture, que j’ai cette impression d’être passée à côté de quelque chose ; alors que mes précédentes phases de relecture se sont étalées sur plusieurs soirées, avec des séances de lecture plus courtes, où j’étais certes attentive à tous les détails de l’histoire, mais sans être dans la recherche absolue du détail qui serait resté à l’écart des radars des corrections précédentes.

Voilà peut-être l’enseignement de cette deuxième parution : concentrer les premières étapes de relecture sur un temps court, pour rester absorbée par tous les détails de l’histoire et évacuer rapidement les éventuels incohérences ou accrocs du récit ; et mener les dernières relectures de contrôle sur des temps plus longs, pour laisser au texte le temps d’infuser.

Ainsi, la troisième fois sera sans doute beaucoup plus facile 😉

2 réflexions au sujet de “La deuxième fois n’est pas toujours plus facile”

  1. Bravo pour le travail réalisé. Ecrire 400 pages me parait être déjà un travail impressionnant mais ensuite, relire, rerelire, rererelire….. et à chaque fois apporter des corrections, enrichir, clarifier, peaufiner chaque expression pour obtenir le rendu souhaité … respect !!!

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