Atelier d’écriture : Une main tendue

Leiloona du blog Bricabook nous propose cette semaine un dernier atelier d’écriture avant la pause estivale. Celui-ci s’appuie sur la magnifique photo que voici.

Photo paume de main avec terre

Voici le texte que cette photo m’a inspiré 🙂

Une main tendue

Une main tendue. Pour inviter. A la danse, à une transe. Pour une promenade. Pour simplement partir à la découverte des beautés du monde.

Une main tendue. Pour montrer. Ce qui se passe devant nous, ce qui se cache sous nos pieds. Pour dévoiler ce que nous portons en nous,  ce que nous rêvons de réaliser.

Une main tendue. Pour encourager. A aller de l’avant, à avancer. A faire le premier pas ou au contraire, pour inciter à prendre du recul.

Une main tendue. Pour soutenir. Dans l’effort. Dans la tristesse. Avec la main, proposer son bras ou son épaule ; un support, une stabilité.

Une main tendue. Vers l’avenir. Pour progresser, ne pas regretter, se voir réussir.

Une main tendue. Un tout petit geste. Porteur de tellement d’humanité.

Atelier d’écriture : La machine à voyager dans le temps

Nouvelle participation pour moi à l’atelier d’écriture hebdomadaire 272 du blog Bricabook. Voici la très jolie photographie que Leiloona nous a proposé cette semaine 🙂

Voiture et route

 

Voici le texte que cette photo m’a inspiré. Bonne lecture 🙂

La machine à voyager dans le temps

Mon pote Germain est fou de voiture, et de conduite aussi. Mais pas moi. Je n’ai même pas le permis. Il me taquine soivent à ce sujet, prétendant que ça fait de moi un être décalé du réel. Je vis en centre-vile, je me déplace à pied, à vélo ou en transports en commun. Quand je dois me rendre loin, j’y vais en train. Une voiture ne m’apporterait pas grand chose de plus. Nous sommes super potes, mais ce sujet ne nous rassemble pas, Germain et moi. Je suis donc très surpris quand il me propose de l’accompagner chez son concessionnaire favori, pour essayer le dernier modèle de la marque. Ca ne m’intéresse pas vraiment, mais ça me fait plaisir de passer du temps Germain, alors je l’accompagne.

Pendant qu’il discute avec le vendeur autour de la noivelle voiture convoitée, je flâne au milieu des modèles exposés, posant à peine les yeux sur les véhicules qui tentent de me faire croire que ma vie sera changée si je monte à bord. Comme Germain est bavard, j’ai le temps d’arpenter la concession dans ses moindres recoins. Jusqu’à ce que je découvre au fond du hall d’exposition un vieux modèle de cette marque, un très vieux modèle que je reconnaîtrais entre mille : la voiture qu’avaient mes parents quand j’étais petit.

Ca faisait tellement longtemps que je n’en avais pas vu. Emerveillé de revoir ce modèle, je m’approche et l’inspecte sous toutes ses coutures. Un vendeur s’approche alors de moi et me propose de monter dans cette voiture. Tellement surpris de cette proposition, j’accepte sans me rendre compte de ce que je viens de dire !

Une fois installée au volant, mes yeux redécouvrent tous les détails du tableau de bord. Lorsque je pose les mains sur le volant, un frisson inédit me parcourt. Tout à coup, ce n’est plus le décor de la concession qui défile sous mes yeux, mais celui d’une petite route de campagne arborée. Ce n’est plus la discussion entre Germain et le vendeur que j’entends, mais les fous rires de ma soeur devant mes imitations des autres conducteurs ; les engueulades de mes parents quand l’un des deux s’était trompé de route, puis leurs conversations enjouées lorsque nous arrivions sur le lieu des vacances ; les chansons entraînantes que diffusait la radio ; les batailles de chiffres entre ma soeur et moi, quand nous nous amusions à compter les voitures – la couleur rouge pour elle, le blanc pour moi ; nos « Maman, on revient ici l’année prochaine » éplorés le jour du retour à la maison…

Une voix amicale me ramène brusquement au présent.

– Alors vieux, tu as trouvé ton bonheur ?

C’est Germain, qui s’amuse de me voir ainsi transporté par cette voiture.

Pendant le trajet du retour, il me raconte tout ce qu’offre le modèle qu’il a repéré et qu’il va sans doute acheter. Il s’emballe et se voit déjà le conduire sur certaines petites routes de montagne. Je souris. Maintenant, je le comprends. Sa vie ne sera pas changée parce qu’il aura cette voiture, mais elle risque de lui procurer plus de souvenirs qu’il ne l’imagine.