Atelier d’écriture : Pour toujours, 18 ans sur cette plage !

La photographie de l’atelier d’écriture de cette semaine du blog Bricabook est d’une beauté simple, mais très inspirante. Il s’agit d’un nouveau cliché de Vincent Héquet.

Vincent Hequet - Plage

© Vincent Héquet

Voici le texte que cette photographie m’a inspiré (le dernier texte rimé du mois de mai).

Pour toujours, 18 ans sur cette plage

Il respire à fond,
Comme s’il voulait inspirer tous les embruns.
Il ne se lasse pas de cet air marin,
Il voudrait en remplir ses poumons.

Des traces de pas sont déjà visibles sur le sable,
De quelque marcheur matinal,
Il est pourtant peu courant
Qu’il ne soit pas le premier itinérant.

Il vient toujours sur cette plage à 6 heures,
L’heure des petits dormeurs,
Celle où certains sont encore rêveurs
Et d’autres déjà au labeur.

Il ne pourrait pas venir plus tard,
C’est à ce moment qu’il s’y sent le mieux,
L’heure où se ravive sa mémoire,
Et se créé pour lui le bonheur d’être vieux.

Ses promenades sur cette plage
Se passent toujours dans une ambiance sonore sauvage,
Celle de ce jour de juin
Où courage et barbarie s’affrontèrent très tôt le matin.

Une journée qu’il n’oubliera jamais,
Celle où il a cru qu’il ne reverrait jamais
Ni l’hiver ni l’été,
Ni sa famille ni l’Humanité.

Le sifflement des obus,
Les râles de ceux qui bientôt ne vivaient plus
Résonnaient à ses oreilles,
Un vacarme horrifique, à nul autre pareil.

70 ans après, il ne sait toujours pas
Pourquoi lui a survécu et les autres pas,
Comment il a fait pour échapper
Au destin funeste qui, tous, les attendait.

Cette pensée l’a toujours hanté.
Alors, pour l’exorciser,
Il revient ici le 6 juin chaque année
Pour ne pas oublier.

Il sait que bientôt, il ne pourra plus venir ici,
La mort finira par le cueillir au tournant.
Mais tant qu’il lui reste une étincelle de vie,
Il veut pouvoir se rendre ici,
Rendre hommage par toute son énergie
A ceux qui, pour la liberté, sont morts en combattant.

Atelier d’écriture : Le vide qu’on laisse sur les choses

Nouvelle semaine, nouvelle photographie pour l’atelier d’écriture du blog Bricabook de Leiloona.

Photographie living room - CCO Public Domain

Voici le texte que cette photographie m’a inspiré (toujours rimé 🙂 ).

Le vide qu’on laisse sur les choses

Vidée,
Totalement délaissée.
Cette pièce se sent seule
Maintenant qu’il n’y reste que des meubles.

Où sont les rires ?
Que sont devenues les conversations ?
Evanouies, les exclamations ?
Où se cachent les soupirs ?

Les sonorités humaines ne sont pas les seules disparues,
Le mobilier lui-même s’est tû.
Plus de gémissement du canapé
Quand le cuir, sous un poids, se craquelait.

Plus de chocs sourds sur le tapis
Quand jouets et boîtes s’y échouaient,
Les murs sont devenus muets
Ne pouvant plus répercuter les cris.

Voilà ce qui se passe
Quand l’humain s’efface
Et s’il y a laissé des traces,
Le vide ne leur a pas laissé la place.

Les empreintes que nous laissons
Sont-elles destinées à nous-même,
A ceux qui nous aiment
Ou ne seraient-elles qu’illusion ?

Atelier d’écriture : Tout le monde perd au jeu de la guerre

La photographie proposée cette semaine pour l’atelier d’écriture du blog Bricabook changeait de tonalité.

Atelier 267 - militaire

Merci à Leiloona de nous l’avoir proposée 🙂

Voici le texte que cette photo m’a inspiré (en rime toujours, selon mon défi personnel du mois de mai).

Tout le monde perd au jeu de la guerre

Assis à l’écart du vacarme,
Il reste là, l’esprit au calme.
Quelques instants de répit
Au milieu de cette boucherie.
Oh, il ne craint pas grand chose
Et il connaît déjà la pose.
Ce n’est pas la première fois
Qu’il s’amuse à jouer au combat.

Comme tous les autres, il est là pour satisfaire
Le goût des manoeuvres militaires.
Comme lui, ils sont des milliers
Par plaisir, à venir se faire fusiller.

Il y a même ce Français
Qui vient chaque année,
Traversant l’Atlantique avec gaieté
Pour endosser l’uniforme confédéré.
Il ne vit que pour sa passion :
Participer de par le monde à toutes les reconstitutions.
En rater une est impensable,
Il en créverait, c’est probable !

Tous, à leurs yeux,
La guerre n’est qu’un jeu,
L’occasion de pouvoir être
Pour quelques heures Bonaparte, Nelson ou Lafayette,
Une occupation sans conséquence,
A laquelle s’adonner en toute innocence.

Certains oublient qu’à quelques heures d’ici,
Certains se battent pour leur survie,
Qu’à travers le monde,
La guerre danse une macabre ronde.

Enfants soldats, hommes et femmes au combat
Sont des images que beaucoup voient
Deux fois par jour
A l’heure des petits fours.
Une petite pensée et puis s’en va.
Comme le reste, ça n’atteint pas
Celui qui, à chaque lever du jour,
Ne se soucie pas que la vie lui joue un mauvais tour.

Pourtant, tout le monde perd au jeu de la guerre,
Ceux qui y jouent comme ceux qui en ont souffert.
A chaque fois que par les armes, un homme perd la vie,
C’est l’Humanité toute entière qui perd ce qu’elle a construit.

Voilà à quoi pense notre Unioniste philosophe.
Il sait que ses réflexions ne changeront pas les choses.
Mais il ne souhaite pas les laisser partir,
Il veut pouvoir toujours s’en souvenir,
Pour ne pas perdre définitivement
Ce qui fait de lui un Homme bienveillant,
Et surtout ne pas offrir
A la guerre l’occasion d’être la seule gagnante.

Il y a un an, je commençais mon aventure d’auteur

Voici un billet particulier aujourd’hui, un billet souvenir.

Il y a un an, voici ce que je publiais sur mon profil perso sur Facebook :

Copie écran - post Facebook - premier roman terminé

 

Comme je le disais, ce n’était que la version 1 du Mystère des Ghénas (dont je n’avais pas encore trouvé le titre). Il me restait encore beaucoup de travail à apporter au manuscrit de ce premier roman. Je savais déjà que j’allais devoir réaliser au moins 2 relectures de cette première version. Finalement, il y aura eu 4 phases de relecture/correction, puisque c’est la version 5 que j’ai publié.

Mais ce jour-là, j’ai surtout pu clamer : « J’ai écrit mon premier roman ! ». Cette déclaration s’est suivie d’une danse mélangeant divers courants que l’on pourrait résumer à : j’ai sauté de joie dans tous les sens ! Jusqu’alors, je n’avais écrit que de petites histoires pour les jeunes enfants, des histoires de celles qu’on lit dans les albums pour enfants. Je continuai à avoir des idées de nouvelles histoires, toujours dans ce registre. Malgré cela, je ne me sentais pas encore auteur, c’est à dire que je n’osais pas le dire. Je n’osais même pas le penser ! J’avais juste écrit des histoires, que je n’avais pas réellement travaillées au maximum de mes capacités. Je n’avais pas eu de démarche perfectionniste au point de laisser reposer, puis de relire et corriger ce que j’avais imaginé et écrit.

Avec ce premier roman, j’étais entrée dans une autre démarche. La volonté de construire la meilleure histoire possible, la plus aboutie, et l’envie de la partager avec le plus grand nombre de lecteurs. Avant même d’avoir terminé l’écriture de ce premier roman, je savais que je voulais le faire éditer. Une fois la première version finie, je m’étais fixée comme objectif de publier ce premier roman avant la fin de l’année 2016. J’ai passé presque 6 mois à retravailler le texte, à l’enrichir, à le remodeler, à réécrire certains passages et à reconstruire le découpage des chapitres.

Pendant cette période de travail de correction consacrée au Mystère des Ghénas, deux autres trames de roman ont germé dans mon esprit. La petite étincelle créatrice de l’auteur avait pris place en moi, et commençait à produire ces effets.

Un an après avoir terminé la première version de mon premier roman, je m’apprête à terminer la première version de mon second roman. Plus aucun doute désormais : je suis auteur 🙂

Atelier d’écriture : La vie est un escalier délabré

Avec l’atelier d’écriture 266, Leiloona du blog Bricabook nous propose une nouvelle fois une jolie photographie de Fred Hedin.

Photographie

© Fred Hedin

Voici le texte que cette jolie photographie m’a inspiré. En rime, suite au défi personnel que je me suis lancée pour le mois de mai, à la suite de mon texte de lundi dernier 🙂

La vie est un escalier délabré

Au départ, je ne savais pas
Ce que je faisais là.
Il me fallait grimper cet escalier
Et atteindre le prochain palier.

On m’a dit : « Tu verras, tout ira bien,
Il suffit d’avancer, tout seul se fait le chemin. »
On : pronom de con qui caractérise
Le malheureux qui l’utilise.

Cet escalier, un chemin facile à gravir ?
Laissez moi rire !
Vous avez vu son état ?
Qui aurait envie de passer par là ?

Des marches sont manquantes,
D’autres sont branlantes.
Je pourrais sur les côtés faire des détours,
Et si ça me jouait des tours ?

Il me faut bien avancer,
Immobile je ne puis rester.
Reculer ? Impossible,
Le temps nous dit « Vas-y, file. »

L’ascension sera difficile
Pour progresser il me faudra être habile,
Ne pas vouloir me précipiter,
Mais au contraire réfléchir avant de m’élancer.

Ce nouveau palier me tend pourtant les bras,
Et je veux aller jusque là.
Et si je me décidais à prendre mon élan,
Sur ces appuis fragiles m’appuyant ?

Si je rate cette tentative
Y aura-t-il âme qui vive
Pour me porter secours
Ou serai-je perdue pour toujours ?

Mais si je réussis à franchir cet obstacle
L’avenir me sourira.
C’est comme si j’étais mon propre oracle :
« Essaye et tu verras. »

Alors, portée par une énergie folle,
Je m’extrais de la poussière et des gravats,
Je cours et prends mon envol,
Impatiente de savoir ce qui m’attend là-bas.